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Le commerce de la faune sauvage favorise la transmission de pathogènes d'animaux à l'homme depuis plus de 40 ans.

Gippet et collègues, dans un article publié dans Science, ont analysé les données commerciales relatives aux espèces sauvages sur les 40 dernières années et ont démontré que le fait d'être commercialisé augmente considérablement la probabilité qu'un mammifère soit un hôte zoonotique (virus, bactérie, champignon ou parasite). Ils estiment que les espèces sauvages commercialisées partagent un agent pathogène supplémentaire avec les humains pour chaque décennie passée sur le marché mondial de la faune sauvage.

Le commerce d'animaux sauvages est un facteur majeur de transmission d'agents pathogènes de l'animal à l'homme. Le fait d'être commercialisé augmente considérablement la probabilité qu'un mammifère soit un hôte zoonotique, et la durée cumulée de sa commercialisation permet de prédire le nombre d'agents pathogènes qu'il partage avec l'homme. Les marchés d'animaux vivants et le commerce illégal amplifient encore ces risques. Ces résultats soulignent que la transmission interespèces d'agents pathogènes est une conséquence inhérente aux diverses utilisations de la faune sauvage par les humains et mettent en évidence la nécessité de renforcer la biosurveillance et d'intégrer les considérations relatives aux risques.

En se concentrant sur les mammifères, Grippet et collègues ont montré que, parmi les 2 079 espèces faisant l'objet d'un commerce, 41 % partagent au moins un agent pathogène avec l'homme, contre 6,4 % des espèces non commercialisées. Les mammifères commercialisés ont environ 1,5 fois plus de chances d'être des hôtes zoonotiques, même après avoir pris en compte la phylogénie, la géographie, les efforts de recherche, la synanthropie et la consommation par l'homme.

Les espèces synanthropiques et celles consommées comme nourriture sont également plus susceptibles de partager des agents pathogènes avec l'homme, mais ces effets sont plus faibles et partiellement modulés par le commerce et les efforts de recherche. De plus, les espèces commercialisées vivantes sont plus susceptibles de partager des agents pathogènes avec l'homme, et les espèces faisant l'objet d'un commerce illégal partagent davantage d'agents pathogènes avec l'homme que celles commercialisées uniquement de manière légale. Enfin, une analyse chronologique portant sur 583 espèces de mammifères répertoriées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) sur une période de 40 ans (1980-2019) montre que la durée de présence dans le commerce constitue un facteur prédictif clé de la diversité des agents pathogènes zoonotiques. En moyenne, une espèce de mammifère sauvage partage un agent pathogène supplémentaire avec l'homme pour chaque décennie passée dans le commerce mondial d'espèces sauvages.

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