La Grande Guerre 1914-1918 a provoqué la mort de 1 million 357 000 soldats français mais presque autant de chevaux. En effet, alors que 1 880 000 chevaux et mulets ont été incorporés pendant le conflit, 1 million 170 000 chevaux sont morts ou portés disparus, c’est-à -dire 60 % de l’effectif équin total : plus précisément 480 000 sont morts, 280 000 ont été abattus (pour des raisons sanitaires, économiques ou pour abréger leurs souffrances) et 380 000 ont été réformés ou portés disparus. Ces chiffres s’élèvent à 11 millions de chevaux, mulets et ânes pour l’ensemble des belligérants.
Les chiens, absents des effectifs de l’armée avant la guerre, furent ensuite largement réquisitionnés pour accomplir de nombreuses tâches : chiens sanitaires pour repérer les blessés et leur apporter des médicaments, chiens messagers, chiens de transport (apport de nourriture, d’obus voire de mitrailleuses lourdes aux soldats des tranchées, tirage de lignes de téléphone entre les tranchées), chiens sentinelles pour repérer des espions et faire un travail de gué, chiens ratiers, chiens de traineau, chiens mascottes
Alors que les lignes de communication furent rapidement et pour la plupart mises hors d’usage, les 60 000 pigeons voyageurs de l’armée eurent un rôle capital dans le transport des messages. Les nuisibles (rats et poux) faisaient également partie du triste quotidien des poilus. La Grande Guerre eu également ses héros, l’âne Constantin, le chien sergent Stubby, les pigeons Vaillant et Cher ami, et bien d’autres.
Si le souvenir de cette participation animale a été très présent juste après la guerre, il va s'estomper dès les années 1930, l'image d'une guerre largement mécanisée s’imposant alors avec les taxis de la Marne, l'utilisation des tanks et des avions. Ce conflit marque la fin de la cavalerie laquelle, en dépit de charges héroïques en Belgique, s’efface devant la mécanisation. De nombreux sites et monuments mémoriels rendent hommage au rôle de ces animaux dans le conflit, que ce soit en France (Oise,, Somme, Ardennes, Meurthe et Moselle, Paris) et à l’étranger (Belgique, Londres, USA, Nouvelle-Zélande).
Tous ces animaux sont morts, pour les hommes, ils n’avaient pas le choix. Ils doivent notre reconnaissance et ce sont des vies qui nous obligent.
Didier Boussarie

